Nuit de l’honneur

Mes célébrations

Aujourd’hui j’honore qui je suis.

En simultané, c’est nouvelle lune noire, une Lilith.

Lilith, c’est la femme rebelle, celle qui refuse de se soumettre à l’homme, qui refuse de se coucher sous l’homme pendant l’acte sexuel. Rejetée dans le panthéon des démons par le patriarcat ( c’est Lilith, le serpent qui suggère à Eve de goûter la pomme), moi, je la vois comme une Déesse de l’émancipation des femmes et elle incarne les plus terribles peurs du masculin. Elle ne peut que me plaire.

Elle est l’égale d’Adam, tous deux faits d’argile. C’est Adam qui l’a chassée et a demandé à dieu de lui donner une autre femme, ce qu’il fit à partir d’une des côtes d’Adam.

Eve et Lilith incarne la dualité dans la psyché des femmes ( l’une sauvage « la que sabe » et l’autre la naïve, « la princesse » ). L’une et l’autre sont force et multitude des femmes. Elles se soutiennent et se protègent dans le jardin de la psyché.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup pleuré sur moi, dans mon passé. C’était des larmes de compassion, un énorme chagrin rempli de tendresse pour moi-même. Ce sont des larmes qui lavent l’honneur. Elles remettent en place ma naïve et ma sauvage, les deux s’enlassant avec amour et rage. Ça sera le thème de mon prochain dessin.

L’honneur me parle aussi de justesse dans la compréhension, la pensée, la parole, l’action, les moyens, l’effort, l’attention, la concentration. Il me parle de discernement et d’apprendre à jauger plutôt que juger. C’est reconnaître ma valeur et ne pas la placer dans la reconnaissance ou le regard de l’autre. C’est aussi ne pas juger le monde des autres et accepter qu’il puisse me nourrir comme je peux le nourrir.

« Ma valeur réside dans mon propre regard » c’est en laissant l’autre me définir que je me suis retrouvée en enfer. Plus jamais je ne permettrai cela. C’est aussi cela m’honorer. Veiller à protéger mon temple intérieur et ne surtout pas laisser les « barbes bleues» entrer. Je suis bien trop précieuse.

M’honorer, c’est aussi nourrir la guerrière en moi, cette Amazone féroce ! Il n’est pas né celui qui me plantera des couteaux ou m’égorgera, j’y veillerai. Tout en moi y veillera.

Aujourd’hui j’honore toutes les parts en moi mais aussi toutes les parts en l’autre.

Cette année, c’est en Déesse unifiée et consciente de ma multitude que je marcherai sur le sentier de beauté.

Ainsi soit-il.

Awen Awen Awen

La clé d’or, 2019