Promenade en vélo. Le lit de la rivière est redescendu et les sédiments boueux jonchent les chemins. Je ne m’y suis pas aventurée. Je suis restée plantée là, à observer la nature qui s’éveille, quelques pâquerettes, bourgeons. Le soleil qui danse entre les branches au rythme du chant des oiseaux. Je me sentais presque de trop dans cette harmonie. Et puis j’ai changé mon regard, je me suis mise à danser dans ma quête d’auto-erotisme. Ça m’a complètement nourrie d’un « je ne sais quoi » de beau. Je vais m’obliger à en faire une routine. Puisque l’amour est enfant de bohème, j’irai partout où il m’invite et m’invente. J’inonderai le monde de ma douceur et de mon regard de beauté.
Je n’ai plus le goût du combat, ni des miroirs, ni de montrer ou donner ce que je vois, ni de me tourmenter à la place des autres, j’ai fait le chemin, qu’ils fassent le leur. Je veux juste être, en présence. Ils s’habitueront et les miens me reconnaîtront et même si personne ne me reconnaît, je suis en paix aussi avec cela.
Je vais apprendre à rester dans mon silence.