J’ai perdu mon amour imaginaire, cet idéal qui me poussait dans des bras de chair. Il savait si bien s’incarner, prendre corps. Qu’il était doux de se risquer dans une autre âme. J’avais un seul regard pour tout bagage. C’était un mirage des temps anciens. Je t’ai reconnue ô mon âme! Reviendras tu, fièvre ardente ? Prendras tu le temps d’allumer mon âme corps? Ton absence est un linceul dont je m’enrobe. Je chevauche dans le désert, il n’y a plus d’eau. Mon cœur est sec, aride. Une béance dans laquelle s’engouffre la vie. Où va t’elle ? Dans quelle dimension ? Quand reverrai-je l’îlot de notre maison ? Ma solitude n’est pas un piège, c’est une cage dorée où je ne me risque plus.