Tu as le droit d’être dans le sombre de ton être, de révéler ses couleurs à la lumière de ton coeur. Tu as le droit de ne pas être là où l’on t’attend. Tu as le droit de prendre le temps de voyager en toi et de n’être en présence pour quiconque. Tu as le droit d’éprouver toutes les émotions sans que l’on vienne les juger et les comprendre ou les commenter. Tu as le droit d’être très triste ou heureuse. Tu as le droit de pleurer et de rire aux éclats. Tu as le droit de danser dans ta solitude et d’avoir des conversations avec toi-même. Tu as le droit de repousser les séductions de l’existence ou de les épouser. Tu as le droit de ne recevoir aucun conseil, surtout si tu n’en fais pas la demande. Tu as le droit de quitter une relation qui ne te nourrit pas. Tu as le droit d’être sans fards, crue et sauvage. Tu as le droit de te penser à contre courant. Tu as le droit de quitter le monde sans avoir à te justifier. Tu as le droit d’être folle et de toucher ton essence. Tu as le droit d’être fermée et obtuse. Tu as le droit de ne pas être agréable. Tu as le droit de ne pas plaire à Pierre Paul ou Jacques ou Pierrette, Paulette et Jacqueline. Tu as le droit d’être en colère. Tu as le droit de te trouver belle à en crever, tu as aussi le droit de te trouver moche sans te refaire de beauté. Tu as le droit d’être toi, entière et sincère, tu as aussi le droit d’éprouver tes parts manquantes et d’être fausse. Tu as le droit de t’accrocher autant que tu as le droit de lâcher prise. Tu as le droit de ne pas jouer et d’être d’une lourdeur accablante. Tu as le droit de ne pas aimer et tu as le droit d’aimer même quand ça ne vibre pas. Tu as le droit de claquer les portes et d’envoyer chier le monde entier. Tu as le droit de dire des gros mots et tirer la langue. Tu as le droit d’être tourmentée et paisible après la tempête. Tu as le droit d’être ce que tu veux.