De l’ombre à la lumière

Légende

Je vois sur internet des personnes qui vendent de la lumière. Je me suis laissée embarquer par l’une d’elle, un jeune homme, la vingtaine, en regardant deux, trois vidéos qui résonnaient avec ce que j’avais envie d’entendre car j’étais un peu en disgrâce intérieure. Puis j’ai voulu aller plus loin mais la suite était à 300€…

Dans la sagesse du hibou, 2018

En approfondissant, je me suis dit que sa parole, bien que lumineuse par certains aspects, donnait surtout de la nourriture à l’ombre. Il prône de carrément diviser l’ombre de la lumière et de se positionner en guerrier de lumière élu ( qui n’a pas besoin de travailler sur lui-même) pour pourfendre les démons de l’ombre. La bonne blague !

Déjà, le concept d’ombre vient de Jung. L’ombre est la part que chaque individu n’a pas mise en lumière. Elle est inquiétante par nature puisqu’elle incarne nos peurs, nos doutes, nos douleurs, tout ce que nous avons refoulé dans l’inconscient. Notre travail spirituel consiste à avancer avec la lanterne de notre conscience et de regarder l’ombre dans les yeux, de dominer nos « démons » en les embrassant avec compassion et amour et certainement pas en les combattant. Je n’ai jamais cru aux démons, cette notion est un égrégore humain, une personnification de nos ombres. Et surtout l’ombre n’est pas dehors, elle est en chacun de nous.

Alors j’aime bien les personnifications car je suis artiste et ça me permet de faire de beaux tableaux, même si je ne suis pas très douée pour dessiner les monstres, ils ont toujours l’air gentil.

Je pense que pour combattre l’ombre, il faut l’embrasser, devenir l’ombre car elle ne se combat qu’en l’éprouvant. C’est la compassion qui détruit l’ombre. Tout être lumineux a épousé son ombre. Plus tu es lumineux, plus l’ombre est grande. L’obstacle devant une source lumineuse va devenir une ombre. Tu saisis l’image ? Une ombre est juste un obstacle à gravir pour retrouver la lumière.

C’est un peu le mythe de Sisyphe, cet homme condamné par les dieux à gravir une montagne avec un énorme rocher qui retombe inexorablement une fois le sommet atteint. Camus disait « il faut imaginer Sisyphe heureux ». Nos vies ne sont faites que de buts à atteindre, de question en question nous tentons de répondre au mystère irrésolu de notre époque : nous-même. Nous sommes une question au monde, nous sommes un mystère, une quête.

Jung disait dans le livre rouge, que l’humain individué -c’est à dire qui a su embrasser toutes ses parts d’ombre, qui a su se mettre en lumière et ne faire qu’un-. Seul cet humain peut prétendre à la lumière, c’est à dire la liberté absolue d’être, sans se préoccuper des tergiversations du monde extérieur. Cet être, une fois le travail accompli, pourra rejoindre le monde pour y répandre sa propre lumière. Il devient par essence, inattaquable.

L’ombre du monde, c’est à dire de l’inconscient collectif, ne peut atteindre un être individué car il a déjà exploré tout ce qui l’agite.

Mais Jung disait aussi que plus tu te mets en lumière et plus l’ombre s’épaissit. Ce qui veut dire que la lumière et l’ombre sont indissociables et surtout sans limites définies, . C’est extraordinaire, c’est une aventure. Nous sommes une aventure. Chaque chute invite son contraire. Chaque médaille a son revers. C’est l’essence même de la condition humaine. Le diable (double langue) n’est qu’une personnification de la dualité qui nous conditionne.

Les ombres du monde, l’obscur, l’occulte, sont des épouvantails pour nous maintenir hors de portée de la vraie connaissance de soi.

« Connais-toi toi-même »ou « Si tu t’engages, voilà le malheur »

Voilà le début de la sagesse et de la lumière. Bon courage et force les amis. Je vous souhaite de devenir le héros/ l’héroïne de vos vies car la porte est à l’intérieur, si tu t’engages, l’initiation commence et c’est un long chemin qui peut demander plusieurs vies, les séductions de l’existence sont autant d’obstacles pour nous détourner ou pas de notre quête, mais elles sont aussi des terrains d’exploration de soi.

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