Un monologue de plus à la lune

Les tourments

Des ruisseaux de larmes courent sur la prairie et inondent mon âme. Je me liquéfie, en dérive. Les voiles se dissipent et je vois, sans fard. Je me plonge dans l’illusion avec ma naïveté légendaire et mon coeur qui se damne pour un mot d’amour. Je ne sais pas faire semblant. J’en pleure. Je reste seule, même dans leurs bras je me sens seule et j’oublie mes limites. Je ne sais pas jouer. Je ne sais pas et je ne veux pas endosser l’ombre, devenir une projection, un fantasme. Je ne veux pas jouer, ni être l’instrument de leurs partitions, pianotant sur ma peau. Je veux revenir dans mon cercle vertueux et quitter les enfers. Je veux embrasser la vie une dernière fois avant de mourir. Quel est donc ce cratère qui veut tout et son contraire ? Qui devient explosif puis effusif et en fuite. Les hommes me rendent folle et instable. Je ne sais pas où toute cette merde a commencé. Je ne sais pas comment les autres femmes font pour supporter. Je me retrouve là, à me demander ce que je fous là. Je voudrais crier, hurler et que ce cri tétanise leur inconséquence. Monde de merde. J’ai envie de tout faire sauter, qu’on en finisse. Je suis fatiguée de survivre ici. J’ai perdu le sens et le goût et je n’ai jamais su me vendre, ni faire la pute, ni l’esclave.

Qu’ils aillent tous se faire foutre ! Voilà, c’est dit, sans tabous ni filtres. Je voudrais hurler au monde : Va te faire foutre ! Avant qu’on m’enterre.

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