Le calice de nos corps s’enrubane de volutes concentriques. J’infuse sous ta peau des incantations et ton coeur rythme la cadence. Nos lèvres incandescentes me chavirent et nos mains qui se frôlent, m’électrisent. Je me plonge dans le bleu de tes yeux océans et c’est en sirène que je remonte vers toi.
Tu me manques, tu me manques même quand tu es là, près de moi. Tu me manques pendant des heures sans pouvoir me glisser en toi, sans pouvoir te parler de nous, sans pouvoir toucher tes lèvres, nos désirs inassouvis, nos désirs impalpables. Notre intime partition et nos regards complices. Nos mots enflammés me volcanisent en dessous, et font jaillir une source chaude et intarissable. Mes yeux charbonneux dansent dans les tiens et je brûle d’une fièvre diluvienne.
J’aime les ténèbres de ton être et les éclairs que j’entrevois. Ton mystère profond me chuchote ses tourments. Mon coeur balançoire oscille dans le jeu. L’archet d’un violoncelle, l’appeau du désir -frissons et vibrations- incruste ta musique sur ma peau. Ton corps se faufile dans le mien et je t’aspire dans le vortex d’un trou noir.