J’ai l’impression d’écumer la mer avec une cuillère percée et en plus tu ne m’envoies plus de baisers, ni de chants qui font danser mon serpent. Je reviendrai quand tu seras disponible et que ton désir se renouvellera.
-Nuit-
Mon coeur s’évade. Tu crois vraiment que je vais me mettre en cage ? Je n’ai pas de limite. Je ne suis pas un sac à remplir de tes fantasmes. Je garderai « ta tendresse et ton affection » sans le corps. Je suis riche de ma solitude chérie. Je ne suis pas désœuvrée. Il est fini le temps où j’acceptais de me donner sans l’amour. Mon corps tant de fois meurtri, ne veut plus et il sait me l’exprimer. Je t’aime, je te l’ai déjà dit. J’ai le coeur vaste et puissant. Tu as l’honnêteté de me dire que tu ne peux m’aimer. Et bien je m’aime aussi. Je ne t’enverrai jamais ces mots. L’amour est une dimension et c’est ici que je vis. Si tu ne peux m’y rejoindre et bien tanpis.
Je t’aime et c’est de là que je te regarde, entier dans ta bulle avec ta compagne et tes enfants chéris. Amour libertin consentis, la belle affaire. Les amours bourgeois, trop peu pour moi. Je suis libertaire, pas libertine.
Respecte-moi car je me respecte. Je suis belle et oui, un peu sorcière. Ce n’est pas moi qui suis venue te chercher. Tu cherches mes « mystères »? Trouve les chez ta louve !
Il est fini le temps où je remettais mes pouvoirs entre les mains d’un homme. Souveraine et gardienne solitaire de mon intériorité. Je ne cherche pas un roi.
Je te l’ai déjà dit, ma gratitude est immense pour ce que tu m’as apporté, pour m’avoir renforcée de tes racines. D’avoir été un bouclier contre le salopard dont l’emprise m’a réduite au néant. Ton épée a coupé les liens. J’aime t’imaginer en gardien dans le monde du dehors.
Je t’aime et je m’aime encore plus.
Baisers secrets.