Il y a la caresse du vent et la morsure du soleil
Il y a la colère et l’insupportable
Il y a les faux semblant et l’énergie qui vascille
Il y a le firmament d’une blessure qui jamais ne se referme, tantôt gouffre, tantôt fissure
Il y a cette solitude extrême, ce rejet permanent
Il y a ma tribu, cette famille inconnue qui me cherche quelque part
Il y a cette impression de ne jamais appartenir, d’être orpheline
Il y a des envies de vivre mais aussi des envies de mourir, les jours où la lumière vasculaire se bouche dans l’artère stellaire
Il y a les à côté de la plaque
Les à côté, chemin buissonnier
Il y a la bienveillance engoncée dans les calculs mentaux, les je suis de trop, pas souhaitée ou attendue…
il y a les regards en coin dans les silences bavards
Il y a les bienvenues manqués
Les sourires forcés ou gênés
Il y a des façons de penser qui me sont étrangères
Il y a l’apatride qui ne veut plus jouer le jeu de la terre d’accueil
Il y a la nuit interminable et ses fantômes
Il y a ceux qui partent et ne reviennent jamais
Il y a les deuils successifs qui laminent la beauté
Il y a un volcan à étouffer sous des larmes salées
Il y a les « oú suis je? » « qui suis je? » « qui veut de moi? »
Il y a tant de questions dont la réponse m’indiffère.
Il y a la perte de sens et de repères
Il y a un creux que plus rien ne comblera.
